« Le couple chrétien en espérance d’enfant est doublement hors norme sociale »

Pneumatis : La première préparation de messe à laquelle j’ai participé, il y a quelques années maintenant, devait inclure le sacrement des malades. Pendant la réunion de préparation, les gens échangeaient sur les problèmes de santé auxquels étaient confrontés les paroissiens, leurs souffrances, leurs solitudes aussi, et leur désespoir parfois… On sentait poindre, sous la compassion de ces charmantes têtes grises, comme une indignation contre le mauvais sort que la vie réservait à ces malades, tous uniques face à la souffrance. J’ai alors pris la parole, et suggéré l’idée que, peut-être, la souffrance était aussi le lieu privilégié de la communion avec Jésus sur la croix. Le curé m’a regardé d’un air un peu paternel et m’a raconté qu’un jour, étant jeune vicaire, il visitait un jeune paroissien, hospitalisé pour un cancer, qui agonisait depuis plusieurs semaines. Cherchant à consoler sa mère en pleurs, il lui dit : « vous savez, le Christ aussi a souffert… » et la mère, ravalant son chagrin, de l’interrompre brutalement, dans un sursaut de colère : « peut-être, mais lui ça a duré moins longtemps ! ». Cette petite histoire illustre pour moi toute la difficulté qu’il y a à trouver les mots pour signifier la compassion, pour consoler, mais aussi pour réfléchir ensemble, dans l’amitié plus encore que dans le respect, sur la souffrance éprouvée, et sur celle de l’infertilité en particulier. Car l’infertilité est une incontestable souffrance. Par avance, je sais tout ce que mes questions pourraient avoir de blessantes, si bien que, par avance aussi, j’en demande pardon… et j’en profite pour implorer votre indulgence en raison de ce trop long préambule.

Nous y voilà… Mahaut, Phylloscopus, comme vous le savez sans doute, lorsque l’on regarde du côté de la Bible, on y découvre l’infertilité comme une souffrance, souvent particulièrement humiliante, mais aussi comme le lieu d’une élection singulière. Aussi – commençons avec la théologie – j’ose la question : avec le regard de la foi, cette foi qui vous habite si fortement, pensez-vous qu’il puisse exister, dans cette épreuve de l’infertilité que vous vivez, une forme de « vocation » ?

Mahaut : Je vais parler pour nous tout d’abord. Non, nous ne concevons pas l’infertilité comme une vocation : nous nous sentons appelés à donner et à transmettre la vie, à élever et à éduquer des petits d’hommes dans la foi chrétienne. Le désir d’enfant est ancré en nous, profondément. C’est quelque chose de physique. Je me sens, dans mes entrailles, appelée à porter la vie. Et, pour une raison ou une autre, je n’y arrive pas. Pour autant, je ne me sens pas appelée, nous ne nous sentons pas uniquement appelés à la parentalité. Nous sommes d’abord un couple chrétien, catholique, notre mariage s’appuie sur quatre piliers dont la fécondité. En ce sens, nous ne sommes pas uniquement des parents en attente ou en devenir. Nous avons dépassé le stade où nous ne construisons notre couple que sur l’attente d’un enfant et nous sommes capables d’envisager d’autres projets de couple. Plusieurs de ces projets se sont déjà concrétisés puisque nous avons pris des engagements ecclésiaux en tant que couple. Il est important pour nous de ne pas nous penser uniquement comme des parents potentiels. Mais la fertilité reste notre vocation première. Cela peut sembler paradoxal avec ce que je viens de dire. En fait, ça ne l’est pas. Nous nous sommes d’abord mariés pour nous unir chrétiennement et répondre à l’appel du Seigneur « l’homme quittera son père et sa mère et tous deux ne feront plus qu’un » (Gn 2,27). L’accueil des enfants était un élément important de notre projet en nous mariant et il le reste. Mais ce n’est pas le seul.

Phylloscopus : Plus globalement, cette interprétation de l’infertilité comme une vocation pose principalement trois problèmes aux couples en espérance d’enfant. Le premier, c’est que ces couples l’ont principalement entendu de personnes qui n’ont pas été confrontées à ce questionnement,  et qui déploient donc un arsenal de variations sur le thème « vous n’avez qu’à vous y faire », dont le but est principalement défensif. Cela se produit notamment avec les couples chrétiens qui voient dans leurs enfants une réponse méritée à leurs prières. Ils cherchent en quelque sorte à trouver des raisons à Dieu pour n’avoir pas exaucé le couple infertile qu’ils ont en face d’eux. Ce qui m’amène au second problème : avec ce terme de vocation, on laisse à penser que c’est Dieu qui en a décidé ainsi. C’est évidemment absurde, surtout quand on connaît le poids croissant des facteurs environnementaux, et notamment le rôle des pesticides agricoles, dans l’infertilité chez l’homme moderne ! D’autre part, si Dieu utilise souvent pour entrer dans nos vies les portes que la souffrance nous a conduits à ouvrir, ce n’est pas lui qui crée la souffrance. Ce qui me conduit cette fois au troisième point : ces portes auraient pu s’ouvrir autrement, voire, elles l’étaient déjà. Les fécondités permises aux couples sans enfant le sont aussi à tous les autres, à un facteur quantitatif près (on a davantage de temps). Dans leur principe et leur dynamique interne, avec ou sans enfants, nos engagements auraient été les mêmes. L’infertilité comme vocation supposerait qu’elle nous ait lancés sur d’autres chemins, dans d’autres directions. Or, ce n’est pas du tout le cas.

Mahaut : En effet, le deuil de la parentalité et les autres fécondités sont des sujets difficiles pour les couples infertiles. Le renoncement à la parentalité est toujours douloureux à vivre et nombreux sont les couples que nous avons rencontrés à ne pas supporter d’entendre parler des autres fécondités. On nous cite souvent en exemple Raoul et Madeleine Follereau ou le roi Baudouin et la reine Fabiola de Belgique. Mais chacun vit un chemin qui lui est propre. Il n’y a pas de standard sur lequel se calquer, du style « au bout de tant d’années il faut en être là dans l’acceptation et / ou le renoncement ». Le deuil de la fertilité ne vient pas forcément avec la ménopause. Pour accueillir une autre fécondité, il faut d’abord être en paix avec soi-même et avec le manque formé par l’absence d’enfant. Or, trop souvent, le thème des autres fécondités est abordé avec manque de délicatesse (ce qui n’est pas ton cas). Ce que nous avons vécu avec d’autres couples infertiles me fait dire qu’il ne faut l’aborder qu’avec une grande prudence et que si on connaît très bien le couple concerné. Sinon, cela sera probablement contre-productif.

En fait le plus dur à vivre, c’est le sentiment d’exclusion. Nos amis ont quasiment tous des enfants, plusieurs ont des familles nombreuses, et notre paroisse est une paroisse jeune faisant une grande place aux enfants. Nous vivons donc dans un environnement peuplé d’enfants et de bébés. Chaque naissance ravive de sentiment d’exclusion et nous fait nous interroger : pourquoi le bonheur de devenir parents ne nous est-il pas accordé ?

Pneumatis : Justement, sauriez-vous prendre la mesure de ce qui, dans la souffrance de l’infertilité, procède du décalage avec la norme sociale, et ce qui procède – je ne sais pas comment choisir les bons mots – d’une insatisfaction de votre vocation à la parentalité ? Il peut sembler, peut-être à tort, que l’espérance d’enfant puisse demeurer espérance, certes toujours éprouvante, dans la patience et la confiance persévérante, mais que cette espérance est pour une grande part rendue douloureuse par l’image du mariage que vous renvoie la culture, la société, et peut-être même d’abord l’Eglise telle que vous la fréquentez.

Mahaut : Les deux se mélangent. La norme sociale est difficile à vivre mais elle pèse différemment selon le milieu où nous nous trouvons. L’infertilité est d’autant moins facile à vivre en Église que les discours ecclésiaux exaltent régulièrement la famille nombreuse, même si les milieux d’Église que nous fréquentons ne le font pas à tout propos. Mais, de fait, il y a autour de nous beaucoup de couples ayant trois ou quatre enfants, voire plus.  Nous nous sentons donc à part. Cela passe par l’impression d’être au bord d’une route et de regarder les autres passer alors que nous ne pouvons pas avancer. L’absence d’enfants nous bloque aussi dans notre vie sociale. Nous nous empêchons d’aller vers les autres car les jeunes couples des paroisses et des mouvements ecclésiaux font souvent connaissance par l’intermédiaire des enfants. Nous ne pouvons pas lier connaissance par l’éveil à la foi, par le catéchisme ou les scouts. Actuellement, nous sommes engagés au sein d’une équipe de préparation au baptême pour transmettre d’une autre manière notre foi que nous ne voulons pas garder pour nous. Mais quand je me présente, à chaque session de catéchèse, je ne peux pas m’empêcher de me justifier de ma présence car je ne me sens pas entièrement légitime à accompagner des couples vers le baptême de leur enfant alors que je n’ai pas d’enfant. Tout aussi dure à vivre est la honte qui s’empare de moi quand je me constate incapable de me réjouir lors d’une annonce de naissance. Il arrive qu’une naissance, même chez des amis chers, me donne envie de pleurer. Je sais que je vais dépasser ce sentiment à un moment ou un autre mais cela n’efface pas la gêne que j’ai à ressentir cette douleur. Je redoute beaucoup les baptêmes car il arrive que les larmes me montent aux yeux ou que j’aie un pincement au cœur lors de la célébration.

Ensuite, autant, en Église, on peut parler de décalage avec la norme sociale, autant, hors milieux religieux, je parlerais davantage d’incompréhension. L’infertilité n’est pas compatible avec le logiciel de notre civilisation. L’un des éléments principaux de celui-ci est la main mise absolue de l’homme sur la procréation – et sur la vie. Alors elle est niée. Ce n’est plus un décalage, c’est un mur. Le reste de la société nous renvoie ainsi sans cesse le message qu’avoir des enfants est égoïste en ces temps de crise et que la famille idéale accueille un enfant, deux, éventuellement trois pour avoir des garçons et des filles, mais trois, c’est déjà beaucoup. Il est difficile de parler d’infertilité dans une société qui brandit sans cesse le slogan « un enfant si je veux quand je veux » – comme si un enfant se faisait sur commande et que le désir d’enfant aboutissait automatiquement à une naissance neuf mois plus tard. Vois-tu, j’attends encore le journal ou le reportage qui osera aborder l’infertilité sous un autre angle que celui de la PMA, par exemple.

Cependant, même s’il n’y avait pas cette norme, même si la société n’était que compassion, au sens premier du terme (souffrir avec, supporter avec), pour les couples infertiles, il resterait la douleur de l’insatisfaction de notre vocation à la parentalité. Sans doute cette douleur serait-elle moindre car elle ne serait pas ravivée par tous les messages subliminaux nous faisant comprendre que notre souffrance n’est pas acceptée par la société. Ou alors elle serait différente. La norme sociale n’est pas difficile à vivre en tant que telle, elle est difficile à vivre parce que l’infertilité est une souffrance. Ce que je vais dire est très personnel et je ne prétends pas que ça s’applique à tous les couples, mais il me semble qu’une fois atteint le stade ultime du deuil de la parentalité, une fois l’apaisement du cœur réalisé, la norme sociale n’est plus aussi pesante car elle ne vient pas raviver une souffrance déjà existante.

Phylloscopus : Le couple chrétien en espérance d’enfant est doublement hors norme sociale. Pour la société catholique, il est hors normes parce qu’il n’a pas d’enfant, et d’ailleurs, régulièrement suspecté d’en être là par choix égoïste. Pour le reste de la société, il est déjà hors normes du fait de sa catholicité, et aussi (ou par là même) hors normes parce qu’il n’a pas d’enfant et qu’il en veut, alors que ne pas avoir d’enfant, c’est « avoir du temps pour s’éclater » (sic) : l’enfant, cette fois, est vu comme une entrave à une vie de jouissance. A la sortie, le couple en espérance d’enfant se retrouve seul, très seul. Être seul parce que hors normes sociales peut être fort bien vécu quand on a choisi ce positionnement. Mais ici, il est subi et douloureux : l’isolement provoqué par le caractère hors normes forme une souffrance et une injustice supplémentaires.

Pneumatis : Je reviens à la croix. Quand je vous regarde, quand je vous écoute parler de votre expérience, je vois d’abord deux personnes sur la croix, qui vivent ensemble unies, la passion du Christ d’une manière particulière. Est-il possible, sinon pour vous du moins pour le reste du monde, que cette croix que vous portez, soit mystérieusement féconde ? J’ai l’air d’insister, mais c’est en ce sens que j’avais envie de parler « vocation ». Le terme n’est peut-être pas bien choisi… En fait, il ne s’agit pas d’évoquer d’autres fécondités, secondaires en quelques sortes, ni de suggérer de renoncer à la parentalité. Mais à l’image des martyrs, votre espérance en Dieu, dans l’épreuve et la souffrance de la vie attendue, est aussi une lumière éclatante.

Phylloscopus : Tu parles de fécondité de la croix ; mais la croix n’est pas un chemin individuel, c’est le péché du monde qui est porté là… La souffrance en elle-même n’est pas une espèce de médecine amère distribuée par Dieu. Ce n’est pas elle qui donne sens à l’action divine, c’est l’inverse. C’est juste l’action divine qui prouve qu’elle n’hésite pas à aller trouver celui qui souffre et à relever celui qui était humilié, à faire la tête d’angle avec la pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs. Il n’est pas celui qui crée la souffrance d’un homme, d’une femme ou d’un couple pour se frayer un chemin vers son cœur ; c’est Satan qui joue à ce petit jeu, comme avec Job. Il est celui qui souffre avec nous et nous appelle à autre chose, du plus profond qu’on se trouve. Mais là encore, ce n’est pas l’apanage de ceux qui souffrent, la douleur n’est pas le chemin obligé, le prix à payer.

Mahaut : Dire que cette souffrance porte du fruit, oui. Je pense à ce que nous avait dit monseigneur Beau, évêque auxiliaire de Paris, lors du pèlerinage diocésain à Sainte-Colette en mars dernier. Il refusait de dire que notre souffrance avait un sens, car la souffrance n’a pas de sens (selon lui, mais j’étais d’accord). C’est ce qui en fait un paradoxe : elle est en quelque sorte le lieu métaphysique du non-sens. En revanche, avec le recul, je peux dire que des fruits sont nés de notre souffrance et que j’ai perçu des grâces. Il y a eu les grâces des rencontres faites, de belles rencontres, en vérité et en profondeur. Nous avons avancé sur notre chemin de foi comme nous ne l’aurions jamais imaginé en nous fiançant et en nous préparant au mariage. Est-ce que nous aurions reçu tout cela si nous avions été comblés d’enfants ? Je ne sais pas. Nous avons essayé de donner du sens à notre vie de couple, de meubler, aussi, pour ne pas vivre une vie vide. Nous avons peut-être parcouru des sentiers que nous n’aurions pas explorés tout de suite si nous avions été parents. Mais peut-être aurions-nous reçu le même fruit par des chemins différents.

Il y a eu aussi des fruits beaucoup plus spécifiques à l’espérance d’enfants. L’an dernier, j’ai mobilisé nos amis autour d’une neuvaine préparatoire à la fête de sainte Colette, fin février-début mars. Ordinairement, les neuvaines et moi, ça fait deux. Ce n’est pas une forme de dévotion qui me parle. Pourtant, je me suis lancée, j’ai diffusé la neuvaine autour de nous. Quinze jours après la fin de la neuvaine, notre curé nous a demandé si nous acceptions de recevoir le lavement des pieds lors de la célébration de la Cène du Seigneur, pour montrer combien l’Église estimait ce que nous vivions dans notre couple. En commençant la neuvaine, je m’attendais à tout sauf à ça. À ce moment, j’ai enfin compris le sens de l’enseignement du Christ : « demandez et vous recevrez ». Il ne nous est pas dit « demandez un bébé / la santé / la fin des soucis d’argent et tout ça arrivera sous peu de temps ». Non. J’ai beaucoup prié pour devenir mère, je ne le suis toujours pas, mais j’ai reçu. Tout ce que j’ai reçu m’a permis de tenir et de me relever chaque fois que la souffrance était trop forte et prenait le dessus.

Oui, de cette souffrance sont nés des fruits et ont surgi des grâces. Mais ce n’est pas une vocation car je ne me sens pas appelée. Je ne sais d’ailleurs pas comment qualifier cela.

Phylloscopus : En fait, je crois que les fruits qui peuvent naître d’un chemin de souffrance sont bons à reconnaître par celui qui les vit, mais qu’il est extrêmement délicat, peut-être même impossible à un tiers de les lui faire reconnaître. Comme dans la mauvaise expérience que tu rapportais au début, ce sera presque à coup sûr compris comme une tentative de dire « arrêtez donc de gémir, il y a aussi des bons côtés ». Or, même avec ces fruits, la balance est toujours négative, il ne faut jamais l’oublier : il aurait été préférable pour tout le monde que cette souffrance n’ait pas lieu. Je dirais que le plus important pour le couple en espérance d’enfant, c’est de sentir qu’il n’est pas seul ni incompris. C’est comme cela que je comprends les grâces reçues. Les miracles sont rares, Dieu ne peut pas exaucer toutes les demandes d’enfants parce qu’Il n’intervient pas pour supprimer les molécules toxiques dans nos organismes ; ce qu’Il peut, c’est être à nos côtés et nous pourvoir en grâces qui nous permettent de n’être pas enfermés dans notre seule souffrance. Quand on ne peut pas faire davantage pour un malade que lui tenir la main, on ne va pas lui dire « tu vois, si tu n’étais pas malade, est-ce qu’on te tiendrait la main ? C’est déjà pas mal, non ? » On lui tient la main et on est avec lui. Et là, il peut le recevoir.

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6 Comments

  1. « Il aurait été préférable pour tout le monde que cette souffrance n’ait pas lieu ». Et pourtant… j’ai envie de vous dire « merci ». De même que très souvent j’ai envie de dire « merci » aux couples sans enfants que je côtoie. C’est mystérieux, bien sûr. Je comprends ce que vous ressentez, de la vacuité qu’il y aurait à parer d’une utilité votre souffrance.
    Mais je crois profondément à la lumière de votre espérance dont parle Pneu. Peut-être pas toujours éclatante. Peut-être tremblotante. Mais belle et bien là.
    Voilà. J’avais envie de vous dire merci. Ben… je vous le dis. Merci.

  2. Merci pour tes précautions en préambule, Pneumatis, c’est très élégant et délicat, j’apprécie vraiment.

    Mahaut, je partage tes ressentis, avec un accent plus fort chez moi sur le ras le bol d’être « suspecté d’en être là par choix égoïste »…mais il est vrai que l’isolation sociale intra-éclésiale est dure à supporter surtout par ses non dits…

    D’un autre côté, en tous cas pour moi, il y a d’autres formes de fécondité et de paternité que j’explore, il y a cette partie de moi que je donne le plus totalement possible, à mon filleul mais à pas mal de jeunes que je rencontre. C’est une grâce et une joie que je reconnais recevoir et pour laquelle je remercie Notre Seigneur.

  3. Merci Cyrille pour ton témoignage et tes articles de fond. Peux-tu m’envoyer ton article sur les couples en espérance d’enfants ? Merci. Père Xavier

  4. Rétrolien:Nouvelle demeure | @Pneumatis

  5. Charles-Marie

    Merci vraiment de ce témoignage. J’ai du mal à coucher mes impressions par écrit, ayant un peu peur de blesser par une mauvaise formulation.

    Ce parcours que vous décrivez, et votre partage me touchent et me ramènent à ce que vit un couple d’amis, eux aussi dans une attente d’enfant, eux aussi dans une paroisse fort fournie en familles nombreuses.

    Entre complexité des situations, nouveautés des progrès (avec la NaPro Technologie, par exemple, mais l’insistance dans ce terme plus sur la technologie que sur la nature, au coeur de la démarche pourtant, me heurte), et grâces déjà demandées (j’ai encore été témoin de belles choses obtenues par l’intercession de Notre-Dame de Liesse), pas facile de savoir quel chemin a été suivi, pas simple d’à la fois espérer le meilleur et l’arrivée d’un enfant et d’accepter pleinement cette double « hors-normalité sociale » que vous vivez sans rajouter (même involontairement) de la souffrance.

    Dialogue au risque de la souffrance, ou soutien silencieux par des actes et de la présence? Le choix n’est pas simple, et peut dépender des occasions bien sûr (même si celles-ci se créent).

    En tout cas, merci vraiment.

  6. Egalement un grand merci. Je suis touchée de près par la question par ma famille et votre témoignage m’aide à comprendre ce que ma sœur et mon beau-frère peuvent ressentir, alors que je suis totalement désemparée pour aborder le sujet avec eux. Je fuis à trois kilomètres dans la conversation quand j’ai l’impression qu’une allusion pourrait rappeler que…Bref.
    Mais je voudrais aussi beaucoup remercier Phylloscopus pour ses mots sur la souffrance :
    « Tu parles de fécondité de la croix ; mais la croix n’est pas un chemin individuel, c’est le péché du monde qui est porté là… La souffrance en elle-même n’est pas une espèce de médecine amère distribuée par Dieu. » qui m’éclairent et m’apaisent beaucoup. Un prêtre rencontré cet été m’a assuré que Dieu pouvait par exemple « envoyer un cancer » à quelqu’un pour le faire progresser dans son Amour (sic), ce qui me laissait totalement révoltée. Et j’ai eu de longues discussions avec des amis (plutôt tradis) sur le sens de la souffrance qui me laissaient totalement insatisfaites. Connaissez-vous un texte ecclésial de référence sur le sujet?
    Merci pour votre blog de manière générale. Je suis ravie d’ailleurs d’apprendre que Mahaut et Phylloscopus sont mariés!! (je ne pouvais le soupçonner via Twitter)
    In Christo,
    Maritro

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