Confession d’une enfant de la gauche



bulletinhollande

Ma gauche, tu le sais, j’ai voté François Hollande le 6 mai 2012. Mais il faut que je te le dise: c’était mon dernier vote PS, et le prochain n’est pas près d’arriver.


Ma gauche, toi et moi, ensemble, on a parcouru un bout de chemin. Oh, certes, je n’étais pas d’accord sur tout avec toi (par exemple sur les questions de mœurs, où nous étions en franc désaccord) et le courant auquel j’appartenais (aile gauche du PS économiquement anti-libérale) était déjà suffisamment minoritaire pour que ma position soit inconfortable. Une catholique, de gauche, c’était mal vu à la fois dans l’Église catholique et à gauche. Mais je pensais que nous pourrions aller plus loin.

Seulement voilà, tes principales figures ont pris la fâcheuse habitude de considérer que leur ennemi n°1 est celle dans laquelle les convictions qui m’ont poussée à te rejoindre s’enracinent: j’ai nommé l’Église catholique. Tu le sais aussi bien que moi, au sein du PS, un bon chrétien est un protestant ou alors, au pire, un catholique qui n’aime pas le pape, jugé trop conservateur, et qui prend ses distances avec la hiérarchie ecclésiale. Quand mon attachement à l’Église catholique était chancelant, je m’en accommodais, même si le vendredi Saint, entre une réunion syndicale et l’office de la Passion, je choisissais sans aucun compromis possible l’office de la Passion. Aujourd’hui, alors que la loi Taubira enflamme toujours autant l’opinion, les catholiques et l’Église catholique française sont pour toi aussi nocifs qu’Al Capone et Jack l’éventreur réunis. Pourtant, lorsque les évêques de France protestaient ouvertement – et suffisamment fort pour que le gouvernement se sente obligé de répondre – contre la politique anti-Roms de Sarkozy et du gouvernement Fillon, tu n’étais pas mécontente de les trouver à tes côtés. De toi à moi, je vais te confier un secret: heureusement que l’Église catholique et les catholiques sont là. Il y a deux semaines, non loin de chez moi, un préfet a fait détruire un camp de Roms et les familles, avec de jeunes enfants, se sont retrouvées à la rue, alors qu’il faisait gris, pluvieux, et froid (de 3 à 5° la nuit). Qui a réagi? Qui a hébergé ces gens? Qui est venu dormir à la belle étoile avec les familles expulsées devant le tribunal où ces familles avaient déposé une requête urgente? Un prêtre catholique, le père Matthieu Thouvenot, fermement opposé à la loi Taubira. Je pourrais te parler aussi des Cercles de silence , auxquels tes militants participent régulièrement. Qui en est à l’initiative? Les frères franciscains de Toulouse. [Addenda: alors que j'écris ce billet, le diocèse dont est titulaire un cardinal français que tu as taxé d'homophobie il n'y a pas si longtemps vient de poster sur Twitter la date et le lieu du prochain cercle de silence dans ma ville. Comme quoi.] Il y a aussi la campagne du CCFD sur les paradis fiscaux, Aidons l’argent, à la grande visibilité médiatique en ce moment, actualité oblige.

Mais tout ça, la plupart de tes membres ne le savent pas. Les uns sont de bonne foi et tombent des nues quand ils entendent parler de la doctrine sociale de l’Église, les autres refusent de lire plus de deux lignes des écrits de Jean-Paul II et de Benoît XVI alors que, sur les questions économiques et écologiques, ils sont encore plus radicaux qu’un Jean-Luc Mélenchon auquel on aurait ôté son populisme tribun exacerbé et sa géopolitique bizarre. Dans ces conditions, c’est un peu difficile de faire valoir les points de compatibilité entre la gauche anti-libérale et la doctrine sociale de l’Église sur les questions autres que le trio IVG / euthanasie / mariage homosexuel, auquel tes militants ont un peu trop tendance à ramener toute discussion sur l’Église catholique.


À cause de toi, ma gauche, je me sens schizophrène. Sur la loi Taubira, et sur d’autres sujets, je vais de préférence m’informer sur des sites que je n’aime pas mais qui sont tout aussi opposés que moi à cette loi. Il n’y a bien que là-dessus que nous nous rejoignons, et les prémices philosophiques et théologiques qui nous conduisent à nous rejoindre sur cette opposition sont diamétralement opposés. Que veux-tu … Si les défenseurs de la loi Taubira, qui se recrutent essentiellement dans tes rangs, n’avaient pas pris l’habitude de crier « homophobe ! facho! réac ! obscurantiste ! danger pour la République » face à un argumentaire juridique de quinze pages, je ne serais pas obligée de me forcer à lire la prose de gens qui insultent les amis chers que j’ai rencontrés dans tes rangs et pour qui je ne suis pas une bonne catholique puisque je ne suis pas libérale (et si je ne suis pas libérale, c’est bien connu, je suis communiste nostalgique de l’URSS car il n’existe pas de troisième voie).


Mais il n’y a pas que ça et tu n’es pas la seule fautive. C’est vrai, depuis quelques années, j’ai évolué : mon antilibéralisme économique est devenu un antilibéralisme intégral. La découverte d’Ellul et de Bernanos, la lecture de Jean-Claude Michéa (une révélation, l’une des plus belles de ces dernières années), mon immersion dans le monde de l’objection de croissance, tout cela m’a éloignée de toi. Malgré les 30% de la motion 3 (dans un esprit de bonne volonté, je passe sur les accents radicaux très 1905 de quelques uns de ses passages), je ne crois plus que c’est avec toi que je vais changer le monde. Le PS se noie dans une dérive libérale qui l’éloigne chaque jour un peu plus des classes populaires. Son incapacité à comprendre l’urgence écologique qui menace notre planète et qui devrait nous faire cesser instamment la course à la croissance infinie et éternelle est devenue incompatible avec un vrai engagement écologique, qu’il soit chrétien ou athée. Face à l’industrie biotechnologique qui nie à l’être humain sa dignité, il ne pèse plus rien.

Récemment, j’ai lu l’excellent livre de Jacques de Guillebon et Falk van Gaver, L’anarchisme chrétien. Si tu ne l’as pas lu, je te le conseille. Tu y retrouveras les accents auxquels nous vibrions en essayant de construire les lendemains qui chantent, mais avec le petit plus qui fait tout: l’espérance chrétienne.

Tant que l’écologie restera une option et l’urgence n°2864 sur ta liste, tant que tu voueras un culte à la croissance, je ne pourrai plus te suivre. L’anarchisme chrétien, l’écologie et l’objection de croissance m’attirent davantage, et elles sont hors du jeu politique.

escargotdecroissance

En repensant à tout ce que nous avons vécu ensemble, j’ai quand même un petit pincement au cœur. C’est toi qui m’as tout appris. C’est en ton sein que j’ai appris l’esprit critique, le goût de l’analyse des projets de lois illisibles pour avoir des arguments qui se tiennent quand j’étais opposée à un projet. C’est même toi, splendide ironie du sort, qui m’a appris dans mes jeunes et folles années syndicales que celui qui ne partageait pas nos idées n’en était pas pour autant un sombre crétin. Tu restes quand même ma famille politique d’origine.

Nous nous recroiserons sans doute, probablement, même, dans nos combats et aspirations communes. Je continuerai à avoir de l’émotion dans la voix en évoquant mes années de syndicalisme étudiant, si décisives dans la formation de ma pensée politique actuelle. Je ne peux plus te suivre mais je continue à t’aimer, quand même, malgré tes défauts. Parce que tu resteras à jamais ma famille politique d’origine, je continuerai à te dire que tu me déçois, à argumenter contre tes bêtises, et aussi à défendre tes militants, parce qu’il y a parmi eux des gens très bien.

Mais avant de m’éloigner, je te le dis: je ne passerai pas à droite.

Bookmarquez le permalien.

14 Comments

  1. il faut d’urgence qu’on invente CE TRUC, ni de droite ni de gauche, qui pourrait être le gestionnaire de notre pays, un jour.

  2. On pourrait rêver d’autre chose… d’une tension nécessaire et salutaire entre une droite qui insisterait sur l’initiative individuelle, la promotion des talents, la protection de l’environnement, la valorisation des expériences passées … et une gauche qui mettrait en avant l’intérêt général, l’entraide, la protection de l’homme, la recherche de nouvelles solutions… Nous avons plutôt une droite libérale à tendance libertaire… et une gauche libertaire à tendance libérale :)

  3. Merci !

    ps : ne jamais lire JC Michéa quand on est de gauche et catho… sinon on comprend…

  4. Superbe déclamation, pleine de sincérité, et sûrement douloureuse à avouer. Que de déceptions elle témoigne ! Il est clair qu’il y en aurait eu tout autant (de déceptions) de l’autre côté de l’échiquier politique (d’où le serment de ne pas — jamais ? — y passer !). Sans doute la solution n’est-elle ni à droite ni à gauche, en effet. Ce serait trop simple, et elle aurait été trouvée depuis longtemps.
    Vous reste sans doute un regret amer (qui transparaît évidement au fil du texte) : celui d’avoir déposé dans l’urne, le 6 mai 2012, le mauvais bulletin. Et, sans doute, d’avoir persisté le 10 (voire le 17) juin suivant.
    En vous souhaitant que ce regret ne se transforme pas en remord inexpiable…

  5. @Do_marie: l’avantage de l’objection de croissance est qu’elle rassemble des gens venus de tous horizons, gauche, droite, qui constatent que le système va dans le mur et peuvent sauver ce qui peut l’être encore avant que ça ne soit trop tard.

    @Vieil_imbécile: oui, bien sûr, il y a du bon de partout. Mais je préfère des contenus concrets aux principes généraux, car l’initiative individuelle, comme l’entraide, doivent rester des moyens et non des fins à absolutiser, au service du bien commun. Si elles servent à commettre un acte immoral, c’est l’immoralité de l’acte ou du résultat qui doit être mis en avant, non le fait que l’acte ait été commis seul ou à plusieurs. Ça rejoint un peu le thème d’un billet auquel je réfléchis et que je vais commencer à rédiger.

    @Aimé Blumentern: je ne regrette pas d’avoir compris, au contraire. La lecture de Michéa m’a permis de comprendre d’où venait mon malaise persistant face à ce que je voyais au PS et m’a fourni de solides arguments pour développer ma pensée.

    @Fondudaviation: je ne regrette pas mon vote du 6 mai, et encore moins ceux du 10 et du 17 juin, puisque (tant qu’à poursuivre dans la confession), j’ai voté pour un petit parti non extrémiste le 10 juin et me suis abstenue le 17. Mais si je n’avais pas voté François Hollande le 6 mai, j’aurais voté blanc, comme au premier tour. J’ai d’ailleurs longtemps hésité. Mais jamais le vote Nicolas Sarkozy n’a été envisageable pour moi.

    Je ne tiens pas à refaire le débat qui a été fait et refait ad nauseam sur la blogosphère pendant les élections présidentielles. Je l’ai écrit, je ne passerai pas à droite pour autant mais j’utilise la déception que je ressens pour en faire quelque chose de constructif face aux problèmes urgents qui se posent à nous. Le principal est la finitude des ressources naturelles, ce dont ni la gauche ni la droite n’ont conscience, et qui a des conséquences sur tout, l’emploi, la nourriture, l’environnement, la géopolitique …

  6. :) je ne suis pas sûr qu’il faille opposer contenus concrets et principes généraux, les uns étant l’application des autres, les autres étant les guides des uns…
    Plutôt que l’opposition traditionnelle (je suis de droite, donc tout ce qui vient de gauche sent le rouge ; je suis de gauche, donc tout ce qui vient de droite sent le brun), il me semble que la tension peut être vertueuse. C’est toute l’importance du ET par rapport au OU. En théologie ça donne : Dieu est unique ET trine ; Jésus est homme ET Dieu ; Dieu est tout-puissant ET tout proche, transcendant ET immanent ; vérité ET charité ; foi ET oeuvres etc. Une hérésie est alors un choix : plutôt que de s’enrichir du paradoxe et s’approcher ainsi du mystère inexprimable avec nos propres mots, on le refuse et on choisit.
    Je crois qu’on peut avoir la même approche avec les « bonnes » valeurs de gauche et les « bonnes » valeurs de droite. Plutôt qu’être de gauche, ou être de droite, ou être « ni de gauche ni de droite », ou être « entre gauche et droite » ; être de gauche ET de droite :).
    Pendant la dernière campagne présidentielle je me suis forcé à étudier les programmes de Mélenchon et Le Pen. À côté des nombreuses propositions que je rejetai, j’y trouvai finalement plus d’idées intéressantes que dans les programmes de Hollande et Sarkozy. Si le Centre n’était pas le moyen-terme, le milieu, le tiède, mais le meilleur des deux, il pourrait redevenir un concept intéressant… À la fois la prééminence de la conscience individuelle ET le bien commun ; à la fois le développement des talents ET l’option préférentielle pour les pauvres. La DSE, quoi.

    • Belle approche, ça me parle ! J’ai parcouru aussi les programmes de Mélenchon et de Le Pen, et j’ai été très intéressée par l’approche économique de Mélenchon. Au-delà de la répugnance d’un certain milieu politique à lire tout ce qui est argumentaire du FN, il y a également de vraies questions (et parfois quelques tentatives de bonnes réponses) dans le programme du FN.
      Le centre …. Oui, cela pourrait être une belle synthèse, mais, pour l’instant, cela reste un entre-deux mou qui ne satisfait personne et surtout pas ceux qui cherchent à sortir des cases pour retourner à la racine (radicalité) de leurs convictions. Dommage, car l’idée peut être intéressante.

  7. Serge Lellouche

    Bienvenue au club ;) Du début jusqu’à la dernière ligne de ton texte je me suis régalé ! Merci à toi Mahaut ! Il est très juste, et par dessus tout il est parfois profondément émouvant, dans ce cheminement à la fois très personnel et politique que tu décrits et dans la blessure du sentiment de vive trahison qui le ponctue. J’ai moi aussi vécu cette grande désillusion et ce détachement désormais définitif avec la gauche, ses mythes, dont le mot ne résonne plus que comme une coquille vide. Et comme toi, dans ta conclusion, je ne suis pas passé et je ne passerai pas à droite. Oh que non !
    Le réel, l’esprit fraternel et l’espérance sont ailleurs…

    • « Trahison » est le mot qui me vient le plus à l’esprit en ce moment. Trahison de la déclaration de principes du Parti Socialiste (oui, j’ose), trahison de l’espérance de ceux qui se reconnaissaient dans le « peuple de gauche », trahison par rapport aux vrais problèmes de notre société … Frédéric Lordon qualifie cette gauche de « droite complexée ». Il est loin d’avoir tort.

  8. Bonjour,

    Je me reconnais également complètement dans ce texte, que j’ai abondamment partagé par FB et avec mon réseau. Je pense qu’on est assez nombreux à ressentir la même chose…
    Serait-il possible de reprendre ce papier sur notre blog (pluraliste, tout le monde n’y a pas la même sensibilité que moi) :
    http://chretiensdegauche.com/

  9. A la faveur d’une seconde vie de ce billet sur Facebook, je relis cet article. Et j’ai deux commentaires à faire.

    D’abord, tu as oublié de fermer une balise . Du coup le reste de la page est en italique. Oui je suis maniaque ;)

    Ensuite, après ce point fondamental :), je ne saurais dire à quel point ce texte résonne en moi. Non que je te suive jusqu’au bout, tu t’en doutes, mais enfin si les cathos issus de la gauche sont déçus de leur gauche, il faut bien admettre que les cathos issus de la droite ne se reconnaissent plus dans leur famille d’origine. On peut dès lors penser que le pays entier a un problème et s’est éloigné collectivement de ce qu’on attend du christianisme.
    Je pense qu’un chrétien, quand il s’engage à droite ou à gauche, le fait pour deux raisons. D’abord, il se dit que les valeurs de tel camp correspondent un peu plus à celles qu’il essaie de promouvoir en tant que chrétien. Ensuite, il se dit que le parti qu’il défend sera plus à même, techniquement, de mettre en œuvre ces valeurs.
    Or que voit-on ? Ni la droite ni la gauche ne mettent en avant des valeurs chrétiennes mais, surtout, elles ne sont même plus capables de réussir ce qu’elles promettent. Ainsi naît un profond sentiment (exagéré ou non) que les politiques ne sont plus ni guidés par des valeurs, ni compétents.
    Bref. Je ne crois pas qu’on pourra créer un mouvement chrétien qui réunisse les deux courants : au-delà des valeurs, il y a le comment les « mettre en œuvre » et fatalement ça coince. Néanmoins je note un certain nombre de convergences fortes. Tout d’abord, et j’en suis heureux, la césure entre cathos de droite arc-boutés sur les valeurs de la famille, la défense de la vie et cathos de gauche ne pensant qu’au social tend à se résorber.
    Ensuite, les « idéologies » tendent, non à fusionner, mais à s’enrichir mutuellement. De mon point de vue, je cherche à comprendre comment le libéralisme, dont je reste persuadé de la justesse des intuitions et des combats originaux, a pu laisser passer tant de choses. Et en relisant Ellul, Bernanos, Chesterton aussi bien que Tocqueville, Aron, etc. je retrouve matière à comprendre que le libéralisme n’est pas allé au bout de sa logique en pensant le combat achevé une fois les autoritarismes politiques renversés. Or, la séparation des pouvoirs, la liberté individuelle, etc. passent, j’en suis de plus en plus convaincu, par une remise en question de certains pouvoirs économiques. Car le libéral conséquent doit combattre tous les abus de pouvoir, qu’ils soient politiques ou économiques. Et un libéral honnête ne peut nier, aujourd’hui, qu’il y a un abus de pouvoir de fait de certains acteurs économiques.
    Bref. Je suis en train de faire le même chemin de mon côté que celui que tu relates dans ce billet. Je ne sais ni nous nous rencontrerons tous totalement au bout, mais nous serons suffisamment proches pour dialoguer. Et après tout, c’est le principe de la démocratie, non ?

    [Edit de Mahaut: balise corrigée. Comme le reste de ton commentaire apparaissait aussi en italique, j'ai modifié la balise que tu avais employée.]

  10. Rétrolien:Confession d’une enfant de la gauche | A la table des chrétiens de gauche

  11. Rétrolien:Ne pensons pas par packs ! | Le blog de Phylloscopus inornatus

  12. Anarchiste chrétien

    Merci pour ce témoignage touchant et si vrai. La gauche a trahi son idéal et ne comprend pas que le libéralisme n’est pas qu’économique mais aussi culturel… Or, aujourd’hui, elle radicalise son libéralisme sociétal tout en acceptant de plus en plus le libéralisme économique.

    Michéa, Ellul, Bernanos sont indispensables pour comprendre notre époque. On pourrait rajouter Clouscard, Orwell et bien d’autres… Dommage qu’ils soient si peu lus !

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