« Mais Jésus, criant de nouveau d’une voix forte, rendit l’esprit. »

C’était en début de semaine sainte, l’an dernier. Nous avions pris des places pour une représentation de la Passion selon saint Matthieu. Œuvre admirable, bouleversante.

Nous portions une attention particulière au récit, en croyants que la musique aide à prier, et je me tenais prête.

Puis le soliste a entamé la plus belle phrase, la plus lente, la plus bouleversante: « Aber Jesus schriee abermal laut und verschied. » (« Mais Jésus, criant de nouveau d’une voix forte, rendit l’esprit. »).

Il a terminé de chanter. Il s’est arrêté. Nous avons cru le voir incliner légèrement la tête. Devant moi, un homme s’est incliné. Je me suis inclinée. Pendant quelques secondes, la musique a retrouvé le rôle que Bach lui donnait. Nous n’étions plus à l’auditorium, nous étions dans une église. Nous n’étions plus des amateurs de musique, nous pleurions la mort du Christ.

Cet après-midi, mes activités s’arrêteront quelques instants à quinze heures. Ce moment de silence ne pourra jamais être aussi intense que celui vécu l’an dernier.


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